La membrane du système

Une histoire de limites... constructives

La frontière entre l'intérieur du système et son environnement

Un processus actif
Si un système est autonome, il n'a pas à attendre que l'environnement définisse pour lui la frontière qui peut les distinguer. Un prix de son autonomie, un moyen, une condition, c'est que le système CRÉE sa membrane. C'est déjà l'un de ses produits :
• A peine constitué, il a déjà besoin de s'en occuper ;
• Puis, même lorsque ce système existe depuis un bon bout de temps, il a besoin de continuer à entretenir le fait qu'il soit distinct du monde qui l'environne. C'est donc une véritable ACTIVITÉ permanente (même si elle demande plus d'efforts à certains moments qu'à d'autres), et pas un acquis. S'il abandonnait la partie, l'environnement se chargerait de recycler ses composants dans d'autres processus. Car souvenons-nous que la logique est une pure création des boucles, du système. Pas celle de l'environnement.


Distinctions...


A vos systèmes !

Exercice de mise à jour
Quelques considérations...
Commencez à modéliser des systèmes qui ont un sens pour vous
La bonne échelle
Vous allez tracer la membrane qui définit la frontière entre :
• ce qui est le système qui vous intéresse
• et le reste des systèmes possibles : tout ce qu'il aurait (peut-être) pu être, mais qu'il n'est pas, ou ne sera pas.

C'est votre vision, et votre finalité, qui vont vous permettre de choisir où vous placez cette membrane, parmi plusieurs autres tracés possibles. Et, pour commencer, choisissez l'échelle ; par exemple :
• Une vision sociologique tracera plutôt des frontières larges, ses systèmes pertinents étant plutôt des cultures, des organisations, des groupes sociaux ; on fait alors abstraction d'un grand niveau de détails concernant les subtilités des individus eux-mêmes.
• Tandis que, dans une vision psychologique, la frontière est souvent celle de l'individu lui-même (ou un tout petit système incluant quelques rares individus : une équipe ou une famille bien identifiée, par exemple) ; ici, le choix est fait de faire abstraction d'informations plus larges (rangées sous l'étiquette "environnement"), concernant par exemple la culture d'origine des personnes en présence, ou encore la conjoncture économique ou la subtilité des relations au sein de l'entreprise dans laquelle une personne travaille. Chaque choix aura ses richesses et ses limites.

Dans une relation duelle, vous pouvez par exemple choisir parmi 3 systèmes possibles. Dans l'exemple ci-dessous, si vous optez pour le système 3, les systèmes 1 et 2 ne sont plus présents qu'à titre de sous-système. Tandis que si vous optez pour le 1, le 2 fait partie de l'environnement. Et on pourrait imaginer un système plus large que le 3, incluant d'autres personnes, ou d'autres systèmes intervenant dans cette relation.

Quelles sont les interactions qui vous paraissent intéressantes à considérer ?
• Par exemple, en psychologie sociale (appliquée au travail ou au marketing, par exemple), les gens dévorent des recettes de cuisine en statistique : en s'intéressant aux comportements les plus fréquents, aux valeurs moyennes, ils obtiennent des informations sur les façons de manipuler les "masses", avec une vision très normative des choses. Les quelques personnes dont les résultats étaient en marge de ces "masses" sont gommées de la "réalité" de ces psychologues, et considérées comme négligeables.
• Par contre, certains chercheurs ou praticiens laissent ces "masses" et les comportements majoritaires au second plan et s'intéressent plutôt, eux, aux exceptions, aux personnes ou aux comportements et événements qui sont aux limites des courbes de Gauss. Ils considèrent à juste titre que les changements, les risques, les opportunités, la créativité tiennent à ces informations minoritaires, qu'ils jugent justement particulièrement pertinentes : ce sont eux qui développent un "flair", une sensibilité aux subtilités des ressources et des expériences humaines, et qui ont souvent de véritables capacités de prospective. Tout ce qui nous intéresse en développement durable, quoi :-)

Les "informations" sont les mêmes, le monde est commun entre ces chercheurs, mais leur vision, leurs finalités (et leur éthique !) sont très différentes : ils modélisent donc très différemment, alors qu'ils naviguent sur un même terrain. Les uns connaissent beaucoup de choses sur les normes, les autres sur les exceptions intéressantes et les ressources qui font la différence, les opportunités de changement, les voies nouvelles. Et, par un effet de boucles que vous connaissez bien, maintenant, les uns et les autres valident leur vision respective comme étant la plus pertinente, la plus digne d'attention (mis à part le fait que les seconds ont souvent les savoirs des premiers, mais pas l'inverse !).

Un système qui existe déjà

Le cartographier pour intervenir
Il est déjà créé. Vous voulez le comprendre. Le comprendre pour quoi faire ? Quelle est la raison d'être de votre intérêt pour ce "truc", ici-et-maintenant ?
Vous voulez y changer quelque chose ? Ou changer ses interactions avec son environnement ? Ou y prendre une place stratégique ?
OK, et alors, dans quel but ? Au nom de quoi ? Pour produire quoi de nouveau (sans quoi le système pourrait très bien se passer de vous et de votre compréhension) ?

Dès que vous aurez répondu à ces questions, vous pourrez vous intéresser à la membrane du système que vous voulez modéliser, mettre à jour, saisir, voir, écouter palpiter.

Le schéma de base


A vous de compléter le schéma "trivial" ci-dessus : vous pouvez inscrire dans le cercle :
• ce que le système est
• et prendre un moment pour définir-décider ce que, selon vous, il n'est pas.

Vous pouvez aussi inclure, si vous le souhaitez, les règles du jeu selon lesquelles quelque chose peut faire partie de ce système. En parallèle, vous pouvez inscrire à l'extérieur de la bulle les critères qui font que quelque chose NE peut PAS en faire partie. CES CRITÈRES correspondent aux processus qui FONT LA MEMBRANE.

Un système que vous voulez créer de toutes pièces

Tracer pour inventer
Ici, c'est plus explicite, plus évident : vous VOULEZ quelque chose. VOTRE FINALITÉ est donc déjà sous les projecteurs.
Vous avez tout intérêt à préciser ce projet, à en trouver aussi la RAISON D'ÊTRE plus large, et (nous y viendrons dans les pages suivantes) à le replacer dans son contexte.
Commencez ici par sa membrane.

Comme le système n'existe pas encore, vous avez tout intérêt à la fois :
• à prendre le temps de bien choisir ce qui vous conviendra le mieux
• et à bien définir tout autant les critères positifs (ce que je veux) que les négatifs (ce que je ne veux pas ou refuse carrément). Bien des créateurs d'entreprise (ou des couples, pour ne citer que ces exemples) ne pensent pas à définir les critères négatifs, pourtant fort utiles : "ce que je veux faire/ne PAS faire", "la taille souhaitée pour mon entreprise/la taille dont je ne veux PAS", "les comportements que j'attends ou veux susciter de la part de mes partenaires/les comportements que je REFUSE", "les prix que je pratiquerai/ceux que n'importe qui pourra pratiquer si ça lui chante, SAUF MOI", "le type de clients avec lesquels je désire travailler/les clients que je préfère éviter ou avec lesquels je refuse carrément de travailler", "le lieu d'exercice/les lieux dont je ne veux PAS", "le type de partenariats que j'accepterai volontiers/ceux que je refuserai dans toute la mesure du possible" (certains consultants font pas exemple le choix de ne travailler qu'en direct et pas en sous-traitance même si leur entourage les y encourage), "les km ou temps de déplacement que je suis disposé à faire/la limite au-delà de laquelle je refuserai tout contrat", etc.

Si, comme le savent tous les PNLiens certifiés :
• ce sont les critères positifs qui focalisent le cerveau vers des résultats attendus,
• c'est la rencontre des 2 types de critères qui crée une membrane digne de ce nom : le système saura alors aussi bien repérer ce vers quoi il veut se diriger qu'il sera capable de voir venir ce qu'il souhaite éviter. LE SYSTÈME, convenablement INFORMÉ, aura ainsi une "RÉFÉRENCE INTERNE" riche, apte à lui permettre de prendre des DÉCISIONS claires, à RÉAGIR avec pertinence, et à BIEN GARDER LES RENNES DE CE QU'IL FAIT, CE QU'IL EST ET CE QU'IL DEVIENT.

C'est à vous ! Sur un autre schéma vierge, vous pouvez à nouveau tracer un rond (ou une patate !) et écrire vos critères.
Toutes vos demandes de feed-back sont les bienvenues (hors congés du formateur !).