Quelques exemples courants

La légitimité : sujet "chaud" entre l'entreprise et ses sous-systèmes

Ce qui est bon pour un service peut agacer l'entreprise globale ; et ce qui est bon pour l'entreprise peut impliquer des coupes sombres dans les services. Même chose pour les salariés qui ne sont souvent perçus, par l'entreprise elle-même, que comme des sous-sous-systèmes ! Et encore : partiels (car ils ont la prétention d'avoir une vie AUSSI en-dehors du travail, et d'être donc plus des ressources momentanées que des continuants indéfiniment disponibles) ! Si vous reconnaissez là une idéologie à la mode, vous en avez désormais une vision systémique.
Bien sûr, certaines entreprises sont plus intelligentes que ça (et certains entrepreneurs plus suffisamment éclairés pour éviter soigneusement les idéologies dominantes : leur entreprise n'en constitue que mieux sa propre intelligence !).

Au niveau macro-social

  • Groupes et société,
  • ou pays et citoyens ont des relations dont la complexité puise abondamment dans cette logique relationnelle.
Au niveau social, les relations d'appartenance/conflit sont basées sur ce processus selon lequel la perception de la légimité diffère en fonction du niveau d'où l'on se place.
Heureusement, c'est aussi un moteur de créativité : sans aplatir cette dynamique pour autant, les relations systèmes/sous-systèmes créeent des règles du jeu négociées par lesquelles de nouvelles ressources apparaissent aux différents niveaux.
Ainsi, une société démocratique, en tant que système autonome, a besoin de se protéger des troublions qui mettraient en péril son équilibre instable : elle se crée alors des règles du jeu (lois et usages) :
  • cadrant les comportements, les perceptions acceptées et l'éthique officielle,
  • tout en restant suffisamment acceptables par les citoyens pour qu'ils les acceptent ;
  • et elle elle leur laisse aussi une marge de manœuvre suffisante pour que des contestations, déviances et autres remises en questions aient la place de s'exprimer (tout en restant cadrées par un sous-système de sécurité).
La marge de turbulence qu'accepte le système global est le prix à payer pour :
  • qu'émergent solutions nouvelles,
  • prises de conscience,
  • nouvelles capacités à digérer des changements de l'environnement plus large encore (international, événements climatiques, etc.),
  • faire évoluer le niveau de connaissances (dont se nourrit le système scientifique, puis le système éducatif, liés dans un boucle de développement, elle-même freinée par des boucles stabilisatrices permettant régulièrement de normaliser et de rendre digeste les produits par la culture dominante),
  • cette boucle d'évolution du niveau de connaissances renforçant encore les ressources du pays qui, plus fort et adaptable, peut laisser encore émerger de nouvelles possibilités pour ses citoyens.
Ce pourrait être une boucle sans fin. Mais d'autres systèmes ont aussi leurs logiques propres, et la complexité peut encore augmenter d'un cran. Les totalitarismes peuvent apparaître là où on les attend le moins (au sein même des sociétés démocratiques, paradoxalement au sein-même des jeux émergeant du libéralisme), stimulant à leur tour les prises de consciences démocratiques permettant au système d'absorber les nouveaux défis, etc... C'est un équilibre dynamique instable et créatif, qui produit, selon les niveaux, les lieux et les moments, autant de chaos et d'incertitudes que de stabilités et de solutions.