La marge de manœuvre d'un système
La plupart des systèmes utilisent des ressources sans faire attention au fait qu'ils les utilisent. Et si on leur en fait prendre consience, on obtient parfois des réactions que l'on pourrait formuler comme "Bien sûr que nous utilisons telle ressource ; mais c'est tellement évident que nous ne voyons pas en quoi ça nous apporte quoi que ce soit d'attirer notre attention sur ça !". Et, au pire : "Mais non, ça, ça ne compte pas !".Des capacités qui s'apprennent
Être prêt à s'adapter et survivre si l'environnement change certaines règles du jeuAutrement dit, ces systèmes ont une capacité qui leur manque (nous reviendrons plus loins sur les capacités, les fonctions, lorsque nous aborderons les sous-systèmes, les "parties") : c'est une capacité d'adaptation. En effet, ils sont actuellement "programmés", outillés, pour fonctionner dans des conditions au sein desquelles cette information peut ne pas être prise en compte : la ressource est consiédérée comme allant de soi, être en quantité inépuisable, et ne demander aucun effort pour en disposer.
De nombreuses entreprises se font prendre à ce manque d'apprentissage. Il suffit que le monde change justement une règle du jeu touchant à la disponibilité de cette ressource, et l'entreprise se trouve démunie. Alors qu'elle aurait très bien pu intégrer dans ses tableaux de gestion cette ressource, elle ne l'a pas fait. Ses concurrentes, peut-être que si. Elle n'a même pas de quoi mesurer sa marge de manœuvre (minime puisqu'elle ne sait pas du tout comment la gérer) concernant cette ressource.
Exemples en ressources humaines
En ressources humaines :- Compétences spécifiques, disponibilité... Certains gestionnaires se réveillent trop tard, lorsque toutes les personnes-clés sont sur le point de partir à la retraite et qu'il est matériellement presque impossible de renouveler les effectifs étant donné le marché de l'emploi ou les lacunes du système d'éducation qui ne forme plus ce genre de profils.
- Motivation, engagement... Là encore, il arrive tellement souvent que les managers s'aperçoivent seulement au pied du mur (conflit, projet, ...) qu'ils n'ont aucune marge de manœuvre sur ces ressources (qu'ils le système n'a pas appris des moyens pour les gérer). Face aux stages de communication, au coaching et ce genre de friandises, ils qualifiaient facilement ces capacités de "développement personnel : c'est bon pour soi, c'est un luxe, mais l'entreprise n'a pas les moyens ni le temps pour ces choses ; ce n'est pas STRATÉGIQUE". Eh si.
Dans le contexte économique local
Des entreprises estiment que le consommateur consommera toujours leurs produits. C'est de la foi religieuse en un monde stable et prévisible ! C'est de l'idéologie, pas de la gestion (syndrôme que l'on rencontre souvent en économie d'ailleurs).Et puis, un jour, l'argent ne rentre plus ("c'est bizarre, nous n'avons pourtant pas de concurrent !).
L'image du produit ou de l'entreprise étaient peut-être une ressource à prendre en compte (une sortie du système non maîtrisée... qui se traduit par une entrée "visibilité" ou "attirance" ou "confiance" dans le produit ou l'entreprise, non maîtrisée elle non plus... et dont le fournisseur n'était autre que les consommateurs. ne parlons même pas du boycott radical de certains produits ou de certaines sociétés !).
Et l'enjeu le plus important pour nos systèmes actuels et qui commence à attirer dangereusement les projecteurs
Encore un autre exemple (très apprécié des responsables en développement durable) :Les ressources naturelles font du soleil, d'une part, des océans, d'autre part, et des écosystèmes des fournisseurs ne matière et d'énergie particulièrement importants pour les systèmes économiques globaux (tout comme pour les entreprises au nibeau local).
Et pourtant, elles ne sont jamais comptabilisées. Ou elles ne l'étaient jamais, car certains systèmes économiques, au pied du mur, s'empressent d'apprendre à gérer aussi cette entrée de ressources-clés.
Et là, miracle !
- Ce ne sont plus seulement des considérations écologiques qui font moteur de décisions sur ces thèmes (vous savez : "respect", "générations futures", et tous ces gros mots dont tant d'idéologues de l'économisme et de la gestion à courte vue ne veulent même pas entendre parler) ;
- mais des calculs économiques très stratégiques (mesures de risques économiques et politiques, par exemple) prennent le relai : et l'on se retrouve avec une foule de nouveaux "économistes durables" qui apprennent, à vitesse Grand-V, à gérer des ressources-clés dont leurs précédentes équations étaient aveugles ; motivés par la peur que le système économique sur lequel ils ont fondé tous leurs espoirs et leur vision du monde ne s'effondre ! Car ce sont bien des scénarios formulés par des représentants des plus sérieuses instances politiques et économiques internationales...
SAVOIR REPÉRER (pour mieux la cultiver et d'agrandir) SA MARGE DE MANŒUVRE vis-à-vis des autres systèmes de son environnement EST UNE CAPACITÉ DE SURVIE COURAMMENT DÉVELOPPÉE PAR LES SYSTÈMES durables.
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