B bis. Des produits aux interactions
Ce que le système produit ne s'évanouit pas (ou alors le système a besoin de très vite reprendre en main sa raison d'être et sa place dans son environnement !).
L'environnement absorbe les ressources et contraintes créées par le système
Les différentes sorties (ou l' "output", les résultats) vont servir à d'autres systèmes de l'environnement :
soit comme ressources et informations (les informations étant des ressources !) consommées par à ou plusieurs de ces autres systèmes
soit comme contrainte pour les uns ou les autres (ce qui constitue des ressources pour les uns pouvant très bien être de merveilleuses ressources pour les autres !
Les insectes, les entreprises de recyclage, les guerres, les évènements fâcheux, le bonheur de certains, ... en fournissent des exemples parmi une multiptude d'autres possibles ! En fait, tout dépend de ce que chaque système en fait, en fonction de ses capacités - de ses propriétés émergentes à lui ; ressources ou contraintes, c'est son organisation qui en décide, c'est elle qui décide activement du sens à donner aux événements qu'elle perçoit, et non l'environnement).
Vos modèles
Dans les 2 systèmes que vous êtes en train de modéliser, c'est le moment de vous poser des questions comme : "Quels sont les autres systèmes qui sont impactées par ce que produit celui que je sui sen train de modéliser ?". Cette question est très utile parce qu'elle va vous permettre de mettre en lumière certains des systèmes en interaction avec celui que vous modélisez. En effet, les sorties de "votre" système sont souvent des entrées d'autres systèmes. Elles jouent donc le rôle de :- ressources, pour certaines parties de votre environnement
- et/ou contraintes, pour d'autres.
![]() |
- selon leur nom ou leur "nature" stable (tel que sur le schéma ci-dessus, par exemple)
- plutôt que selon le rôle qu'ils représentent pour le système : client, fournisseur, actionnaire, allié, ...
| Voir + |
Vous pouvez d'ores et déjà :
- anticiper sur des réactions possibles de l'environnement
- avoir une vision plus globale de cet environnement
- décider de la pertinence de ces actions
- inventer des moyens nouveaux pour améliorer l'impact de ce système
- "mesurer" la dimension de cet impact ("Le système a-t-il suffisamment de partenaires ?", par exemple)
- repérer des "manques" : le système a-t-il intérêt à trouver comment en impacter d'autres ? (ou, à l'inverse, à se faire oublier de certains qu'il impact actuellement !).
- etc.
Se différencier...
Parmi les usages possibles des informations sur les produits du système, nous pouvons en noter au moins 2 autres qui méritent le détour :- D'une part, une fois recensées les sorties, certaines peuvent souvent être valorisées.
On obtient souvent, auprès d'équipes-projet ou de dirigeants de PME, par exemple, des "Ah oui, c'est vrai, je n'avais pas du tout fait attention à ce truc ! :-)". Il y a des ressources que le système produit et qu'il est le dernier à valoriser ! Dans un milieu concurrentiel, ce peut être embêtant... Souvent aussi, en questionnant les sorties du système, on s'aperçoit qu'il produit des compétences (qui ne servent, elles, soit à personne, soit seulement au prochain employeur qui décidera de faire une offre à tous les membres de l'équipe, porteurs du savoir sur l'organisation qui génère cette compétence, et débauchera tout ce monde...). Or, il y a souvent, là, juste sous leur nez, des compétences qui peuvent justement leur apporter ce dont le système a besoin, ou servir à créer et développer des choses inespérées. - D'autre part, certaines sorties "anodines", une fois explicitées, peuvent apparaître comme celles qui, finalement, font que le système diffère de n'importe quel autre. Elles font sa singularité, donc son identité, sa légitimité (dans un monde où d'autres pourraient revendiquer les ressources qu'il mobilise), et il ne s'en était même pas aperçu ! Ce peut être l'occasion de recentrer le fonctionnement sur système d'une manière radicale et fort constructive. Cela peut revenir à reposer les questions que nous nous sommes posées dans le chapitre sur la "membrane" : raison d'être, etc.

