B. Ce que le système produit
Ce qui ressort de son fonctionnement



Exister, c'est créer ?
Les produits
Différents types de résultats : 1
Différents types de résultats : 2
Et le système lui-même !
A vos modèles !
Exister, c'est consommer ?
Exister
C'est créer
Imaginez un hypothétique système qui ne créerait rien. A quoi le verrait-on ? A quoi se percevrait-il lui-même ? Au gouffre, au vide de ressources qui se créearit autour de lui à mesure qu'il consommerait ? Mais alors, où iraient ces ressources ? Convenons que s'il ne se passe RIEN à un certain endroit de l'environnement, il n'est pas aisé de distinguer... quoi que ce soit ! Donc, pas de système, quel qu'il soit.Pour exister, un système a donc besoin de produire :
- Au minimum, se produire lui-même ;
- Et, en fait, de produire une grande diversité potentielle d'autres choses.
En effet, en admettant qu'un système puisse avoir cette étonnante capacité à ne se produire que lui-même (et rien d'autre), il serait vite perçu par son environnement comme un parasite de la pire espèce : une grande bouche pour avaler tout ce qui lui passe à proximité, mais aucune utilité pour le reste du monde et justifiant son droit de cité. Allez, même le pire parasite produit quelque chose de plus que lui-même, même malgré lui : puisqu'il se produit lui-même, il y a des chances pour qu'en tant que lui-même il constitue justement un met de choix pour un prédateur ou un autre. Ah ! Comme il est difficile de ne se produire QUE soi-même ! De n'allouer ses ressources QU'à soi-même ! L'égoïsme total (garantie 100% pur égoïsme) n'existe peut-être pas :-)
Les produits : ce qui sort du système, ce qui résulte de son fonctionnement
Donc, un système produit. Et c'est comme cela :- qu'il se produit lui-même,
- qu'il devient perceptible
- et qu'il est apte à négocier sa place dans le vaste monde qui le dépasse ("je te produits telle ressource qui t"intéresse, et en échange tu m'acceptes dans ton monde"). Soit dit en passant, il y a donc une ÉNORME probabilité pour que TOUTES les espèces vivantes (animales et végétales), et tous les représentants individuels au sein de chaque espèce, soient une ressource pour le système global (la biosphère, pour ce qui nous concerne). Et que, comme le soulignent des scientifiques et responsables éclairés, de haut niveau et de plus en plus nombreux, l'organisation des êtres vivants entre eux soit, à l'échelle GLOBALE, un vaste système de coopération (la compétition éventuelle résultant de logiques et perceptions locales).

1. De la diversité, fruit de l'autonomie
Un système produit beaucoup de choses diverses, directement et indirectement.Par exemple, une équipe peut produire :
- certes, ce pour quoi elle est mandatée officiellement : un rapport, une décision, un projet précis, ...
- mais aussi beaucoup + : de la motivation, une méthodologie intuitive collective (de créativité, de décision, ...), une nouvelle forme d'organisation autour d'elle, une culture d'entreprise "maison", de nouveaux partenariats, des documents et savoirs partageables bien au-delà du cercle de l'équipe, ...
- de l'écoute, de la réactivité, ... et beaucoup d'autre compétences EMERGENTES (qui n'existaient pas au niveau individuel).
- certaines non prévues (mais finalement des ressources potentielles nouvelles)
- et d'autres non prévues et... non voulues.
2. Résultats voulus et non voulus
Les résultats voulus sont :- ceux qui correspondent à la fois aux finalités du système lui-même (par exemple, l'équipe) et aux finalités de leurs membres (les parties : individus membres de l'équipe, par exemple) ;
- ceux qui sont de pures émergences du système mais qui, somme toute, sont valorisées par ses parties ("ah tiens, finalement, ce truc n'était pas prévu mais il est carrément le bienvenu !") ;
- et ceux dont le système et/ou ses parties se seraient bien passés : frustrations et "états internes" non confortables, conflits ou jeux de pouvoir (internes ou dans l'environnement tout autour), comportement attirant l'attention d'un prédateur, ...
- mettre en lumière certaines interactions, règles du jeu, boucles (lorsque vous modélisez un système déjà existant, notamment) : "Mais que se passe-t-il pour que tel autre système de mon environnement réagisse systématiquement comme il le fait, alors que, de mon côté, je fais mon possible pour que tout le monde soit content ?" ;
- concevoir des moyens d'y remédier (en enricissant le modèle) ;
- préparer des stratégies, capacités d'adaptations, tableaux de bord et autres moyens pour anticiper et/ou corriger (notamment, lorsque vous modélisez un système qui n'existe pas encore et que vous voulez créer ou avec lequel vous voudrez interagir).
Une partie de ce qu'il produit est destinée à se maintenir en tant que système
Voilà encore un type de produit auquel, par exemple, les informaticiens pensent peu : ils travaillent sur des systèmes non-autonomes (nécessitant d'être conditionnés, programmés de l'extérieur ; par exemple, leurs "systèmes-experts" ne sont pas dans des machines, contrairement à ce qu'ils pensent : pour modéliser ces systèmes experts en tant qu'experts - c'est à dire + que de simples calculateurs exécutants -, il est important de faire rentrer dans la membrane les concepteurs eux-mêmes, non pas en tant que personnes mais en tant que FONCTION "conceptrice" qui est, elle, un système autonome vivant).Les systèmes autonomes se créant eux-mêmes continuellement (tout au long de leur existence en tant que tels), ces résultats sont importants à prendre en compte. Mais nous y reviendrons, en particulier lorsque nous aborderons :
- les tableaux de bord (TdB) qui sont un nom technique pour désigner, finalement, les organes avec lesquels un système apprend à percevoir son environnement (en créant des informations à partir des interactions)
- les sous-systèmes (ses "parties", ses fonctions), dont les organes de perception cités ci-dessus sont d'ailleurs un exemple.
- des capacités spécifiques au système (mobilité, décision, motivation, digestion, relations, ...)
- sa membrane
- les règles du jeu des interactions entre ses parties, etc.
Vous pouvez continuer à modéliser les 2 systèmes qui vous intéressent (celui existant déjà, et celui que vous voulez faire émerger).
Pour définir le système lui-même (chapitre précédent, sur la membrane), vous avez peut-être déjà constaté que :
Les sciences, les religions, les idéologies, les méthodologies (la PNL, par exemple) sont de tels systèmes. Mais des systèmes quand-même, qui produisent des choses très, très concrètes.
Pour les résultats, c'est la même chose :
Pour définir le système lui-même (chapitre précédent, sur la membrane), vous avez peut-être déjà constaté que :
- le système peut être surtout "matériel", un "OBJET" : un organisme animal, par exemple ;
- ou bien "virtuel", un PROCESSUS et non un objet : un projet (qui peut jongler avec des objets très différents les uns des autres tout au long de son existence, tout en continuant, lui, à exister en tant que tel) : c'est plus une logique, qui jouit d'une grande autonomie vis-à-vis des parties "matérielles" qui le constituent.
Les sciences, les religions, les idéologies, les méthodologies (la PNL, par exemple) sont de tels systèmes. Mais des systèmes quand-même, qui produisent des choses très, très concrètes.
Pour les résultats, c'est la même chose :
- certains seront surtout matériels (dans l'agroalimentaire ou l'industrie, pas exemple !)
- tandis que d'autres seront des processus (dans les entreprises du secteur tertiaire : systèmes commerciaux, conseil, ...) : des motivations aux réglementations, des idées neuves aux décisions, des conflits aux synergies, tout cela relève de ce type de résultats-processus.
Exister, c'est consommer ?
Petites considérations sur ce qui intéresse le système économiqueDans l'idéologie dominante, au début du XXIe siècle, dans les pays industrialisés, vous existez si vous consommez. Sinon, gare à vous ! Disons qu'ainsi, vous existez en ce que vous permettez à un certain macro-système économique de se maintenir malgré ses nombreux dysfonctionnements ! Mais existez-vous ainsi en tant que vous-même ? Pas si sûr !
Quoi qu'il en soit, imaginez un système qui ne produirait rien. A quoi quiconque saurait-il que ce système existe ? Comment son environnement saurait-il qu'il existe ? Et comment ce système hypothétique ferait-il pour se percevoir lui-même ?
Un système qui engouffrerait des ressources et dont, en contrepartie, il ne sortirait rien, poserait problème à son environnement : ce serait le PARASITE parfait !
En fait, il créerait quand-même quelque chose, autour de lui : un vide, de la frustration, une logique de pénurie, des comportements de résistance, etc...
Mais un tel système est purement imaginaire, parce qu'il a besoin, au minimum, de se produire lui-même (sinon, comment consommer toutes ces ressources ? où les engloutir ?).
Bon. Convenons que ce n'est donc pas vraiment la capacité de consommer d'un système qui intéresse son environnement : c'est ce que ce système donne en échange ! Vous intéressez le macro-système économique, parce que plus vous jouez (consciemment ou inconsciemment) les jeux de la consommation (et que l'on vous valorise gentiment en tant que consommateur !), et plus vous lui donnez ! Et si c'était ce système économique qui, de moyen d'échange de ressources, entre les êtres humains, qu'il était originellement, était devenu un peu votre parasite, à force de tourner sur lui-même et d'encourager sa logique à avaler tout ce qui s'approche de lui ?






