3. Contrer ou dissoudre une logique limitante
Pour libérer les ressources et créer le changement

Ethique et créativité

Notez que ce n'est pas volontairement que cette personne est allée s'enrichir de détails pertinents qui vont faire toute la différence dans sa perception des choses. C'est une intervention extérieure à elle (ici, le comportement de quelqu'un d'autre et qui vient interrompre ce qu'elle était en train de se programmer).

En tant qu'intervenant(e), vous pourrez vous aussi ramener la perception de votre client vers des détails qui changent tout ; et, en particulier :
• En questionnant sur des exceptions au problème : par exemple, un jour où les choses se sont bien passées, contre toute attente ; qu'est-ce qui était différent ce jour-là (en se focalisant notamment sur les comportement, ressenti, perception, attitude, ... c'est-à-dire surtout des choses internes à la personne) ?
• En trouvant des contre-exemples très CONCRETS (faciles à se représenter, vivants) au jugement que porte la personne sur la situation.

Notez qu'en management, cette approche de dissolution des boucles peut produire des résultats importants : c'est terriblement difficile de se cacher derrière une perception financière et gestionnaire très généralisée quand on s'imagine parallèlement l'impact très concret de certaines décisions sur l'enfant de tel salarié, sur la pollution de la rivière qui passe juste en-dessous, etc.
• Le coach a besoin, éthiquement, de QUESTIONNER sur des détails, quels qu'ils soient, pour inviter son client à vérifier "l'écologie" de la décision qu'il accompagne.
• De même, certaines organisations concrètes favorisent plus que d'autres la remontée concrète d'informations "de base" jusqu'au cerveau des décideurs. Cela rajoute des contraintes dont ils se seraient bien passés ? Pas grave ! Car du même coup, cela suscite les processus créatifs de leurs cerveaux ; ils optimisent des ressources parfois jusqu'alors très endormies. Les solutions n'en seront que plus innovantes, et que meilleures pour tout le monde.

Les interventions paradoxales

Prendre le contrepied de la logique

Le but des interventions

La pertinence des stratégies "paradoxales"
Puisque, souvent, les solutions de "sens commun" ne fonctionnent désespérément pas, nous allons "surprendre" le système interactionnel en lui demandant ce à quoi il s'attend le moins, donc ce qui va le plus à l'encontre de la logique bouclée : faire justement ce que les gens veulent éviter ! Bien sûr, c'est un principe à appliquer avec intelligence et non pas mécaniquement.
Les interventions paradoxales marchent parce qu'elles utilisent à l'avantage du client un processus particulier appelé "double contrainte", dont l'exemple ci-dessous illustre le principe : quoi que le client fasse, il a toutes les chances d'abandonner le problème.

Une forme de recadrage


Surprendre

Voir un exemple
En savoir +
par une information ou un comportement inattendu

La boucle prépare inconsciemment ses protagonistes à ce que certains évènements arrivent... et donc, elle écarte la probabilité d'autres évènements. Elle est bien "huilée" pour absorber les premiers (elle les rend probables et elle s'en nourrit), mais très mal pour faire face aux seconds. C'est donc sur les seconds que nous jouons ici.

Un petit exemple de la vie quotidienne
Au-delà de ce petit exemple illustratif, cette approche du changement est très utilisée :
• en Coaching : par exemple, une stratégie consiste, pour le coach, à réagir aux informations de son client différemment de ce que font tous les autres interlocuteurs de ce client (c'est particulièrement important lorsque les difficultés que rencontre cette personne tiennent justement aux stratégies relationnelles inconscientes qu'elle met en œuvre automatiquement avec son entourage - des boucles bien huilées auxquelles le coach a méthodologiquement et éthiquement tout intérêt à échapper ! -, ou encore pour l'extirper de ressentis et de pensées limitées un peu trop envahissants).
• en stratégie d'entreprises, par exemple : lorsqu'un concurrent crée un nouveau produit ou service qui rend rapidement obsolètes les anciens procédés, il crée une "rupture" (cf. nos outils de Prospective et Créativité en formation de Master) qui redistribue rapidement les atouts et modifie parfois radicalement la direction que prennent les événements. Ceci étant, il n'y a pas que les entreprises qui utilisent ces outils prospectifs particuliers, mais aussi d'autres acteurs sociaux, économiques et culturels, à plus ou moins grande échelle. C'est un outil de leadership - et donc de développement en milieux complexes - important !

Elargir le cadre de focalisation

Un petit exercice ?
Pour faire entre des informations supplémentaires dans le champ de perception

Au risque de nous répéter, insistons sur le fait que ce que les personnes vivent comme des problèmes tient pour une très large part à ce sur quoi elles se focalisent.
Les boucles, quant à elles, sont de puissants "focalisateurs" : elles induisent le fait de ce centrer sur certaines informations (et donc d'en écarter d'autres possibles du champ de conscience).

Or, ce sur une même situation (donc avec les mêmes contraintes externes à la personne), une personne peut passer d'une vision des choses de type "Ce truc me pose un vrai problème" à une vision très différente qui peut se résumer par "Super ! Je sais comment je vais m'y prendre" (ou "Bon sang, mais c'est bien sûr !"). Ce qui fait la différence, ce sont les informations utilisées par cette personne.

Nous cherchons donc à ce qu'une petite partie de son attention consciente s'intéresse à d'autres informations que celles qu'elle utilisait jusqu'alors (et qui, manifestement, ne lui suffisaient pas).

Comment faire ?
Chacune de ces pistes va inviter le cerveau à se réprésenter des choses auxquelles il n'avait pas encore pensé à faire appel. Pour reprendre une expression bien connue d'un systémicien célèbre et créatif, Gregory Bateson : "Une information, c'est une différence qui fait la différence" (voilà une phrase simple qui pourra néanmoins vous laisser méditer pendant les longues soirées d'hiver ! - ou les douces soirées d'été).
Notons que nous ne cherchons pas de tout à créer nous-même une solution. C'est elle qui va la faire émerger, à un moment où une information nouvelle va venir éclairer la situation d'une façon différente : c'est à nouveau un recadrage : le sens perçu par la personne change de lui-même.

Focaliser sur des détails

Pour assouplir les représentations trop généralisées

Ici, c'est un peu le processus inverse du précédent.
Imaginez : une personne sort d'une réunion avec des partenaires et qui ne s'est pas passée du tout comme elle le voulait. Elle est en train de marmonner des choses comme "Il n'y a vraiment que des c... dans cette entreprise !" et s'apprête à quitter ce lieu le plus vite possible pour, justement, ne pas avoir à croiser encore ces gens qu'elle vient de juger irrécupérables. Mais elle est prise de vitesse par une personne qui n'a pas remarqué qu'elle va casser cette boucle et qui lui dit :"J'ai beaucoup apprécié votre intervention de tout à l'heure ; le crois que nous avons besoin de gens qui ont le courage de dire ces choses-là. Avez-vous remarqué comme monsieur X a finalement eu un petit sourire à ce moment-là ? Non ? Eh bien c'est quelque chose de rare chez lui ; vous avez sûrement dû être la première personne à susciter sa curiosité depuis bien longtemps. Vous avez 5 minutes pour que je vous paye un café ?"
Vous avez ici au moins 2 focalisations sur des "détails" qui vont pouvoir faire toute la différence :
• 1. Il y a bel et bien un interlocuteur (celui qui lui propose un café), présent à cette réunion, que cette personne va classer ailleurs que dans les c...
• 2. Il y a des détails de la réunion qui lui avaient échappés et qui, maintenant qu'elle en est consciente, vont lui permettre de réviser son jugement sur la situation. Son implication future va sûrement être très différente.

Exercice1. Reprenez quelques-unes de vos boucles.

Puis imaginez comment :
• vous pourriez inviter les personnes impliquées dans cette boucle (une personne ou toutes, y compris vous-même si vous le sentez) à élargir leur focalisation et/ou à percevoir des détails qui peuvent faire la différence (en vous inspirant des exemples ci-dessus)
• les personnes réagiraient à ces questions et pistes.

2. Imaginez 2 ou 3 situations futures où vous serez impliqué(e)

Vous pouvez alors vous représenter concrètement comment vous pourrez vous assurer que les personnes en présence (y compris vous-même) :
• élargiront suffisamment le cadre pour avoir une vision globale riche des évenements et des enjeux,
• et iront suffisamment dans le détail pour garder les pieds sur terre, rester éthique (à vous de définir votre éthique !), rester aux aguets quant aux ressources, leviers et autres informations très concrètes, et parfois très "petites" et locales, qui peuvent faire toute la différence.

Vous pouvez prendre le temps de vous imaginer / vous entendre / ressentir). Vous pouvez aussi couher sur papier quelques-unes des ces idées d'action (en mentionnant le contexte) et les envoyer à votre formateur par e-mail ! Merci !

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Quelques considérations utiles sur la place des logiques bouclées dans nos métiers. Ensuite, nous passerons à la Partie 1.C.

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