Introduction rapide aux Patterns d'Influence 1

Le langage du changement

Un outil qui sait parler aux présupposés

Dans le module de démarrage de votre formation, vous avez déjà abordé cette question :
Quoi que vous pensiez, vous utilisez pour cela nécessairement des images, des sons, des sensations, ... Tous ces composants sensoriels que votre cerveau utilise comme des matériaux de base. Et votre expérience subjective se construit par des liens entre ces composantes, pour donner :
• des séquences (les stratégies cognitives),
• des réseaux (les croyances),
• parmi lesquels des pôles organisateurs (les valeurs, très sollicitées par les stratégies cognitives), ... Nous n'allons pas aborder ici le détail passionnant de ces questions, mais le langage que nous utilisons a au moins un double rôle dans cette construction :

1. Traduire le sensoriel en code abstrait partageable

Regardez ce qui est écrit autour de vous. Il s'agit de dessins (un système dont les matériaux de base sont eux-mêmes de petits dessins, les lettres), sans aucun rapport analogique avec le sens qu'ils cherchent à décrire. Ces éléments visuels sont plutôt utilisés, par convention, comme des abstractions, partagées par les personnes appartenant à une même culture. Votre cerveau a fait des liens entre ces petits systèmes de dessins et les images, sons, sensations, goûts, odeurs qu'il utilise dans son expérience. C'est un système d'ancrages (cf. la PNL : la capacité qu'a un cerveau d'utiliser une réprésentation quelconque - image, son, sensation, ... - comme une sorte d'interrupteur qui va déclencher d'autres représentations et les attitudes, émotions, comportements qui en découlent), un système de raccourcis de votre pensée. Un système qui permet à cette pensée de prendre de grandes libertés avec le concret immédiat.
C'est le même phénomène avec les mots que vous entendez, utilisant cette fois un système d'ancrage auditif. Si vous voulez décrire à un ami une montagne, vous n'avez pas besoin de le prendre par la main et de le conduire sur le champ vers la montagne la plus proche, puis de tourner sa tête dans la direction de ce majestueux massif. Il vous suffit de prononcer le mot "montagne", plus quelques autres pour compléter le sens de votre propos. Et votre interlocuteur va comprendre (à sa manière à lui) ce que vous évoquez.

Pour comprendre les mots que vous employez, le cerveau de votre interlocuteur (comme le vôtre) a besoin d'utiliser ce système "digital" (par opposition à "analogique") pour retraduire en images, sons, sensations, odeurs, goûts, les sons "abstraits" et conventionnels que vous avez prononcés. Pour comprendre la structure de votre phrase, il va même devoir agencer ces représentations sensorielles dans une séquence ; et ceci l'oblige, en quelque sorte, à expérimenter une stratégie cognitive adaptée. Même chose avec les autres constituants de vos phrases (dont nous ne parlerons pas ici).

Donc, selon les mots et la structure des phrases que vous utilisez, votre interlocuteur a besoin de s'installer - même momentanément - dans certaines représentations (VAKOG), ressentis (EI, états internes), raisonnements de base (PI, processus internes).
Les Patterns 1 jouent délibérément avec ce phénomène, pour orienter la pensée vers des points de vue nouveaux, des seuils de décision, des ressentis ressourçants, des perspectives que les personnes n'avaient même pas pensé à se représenter jusqu'alors, etc.

2. Contraindre la fluidité naturelle de la pensée par les règles conventionnelles du langage verbal

Quel est le prix à payer pour ce langage qui structure et libère notre pensée, qui lui permet d'explorer des choses nouvelles, de choisir sur des bases beaucoup plus nombreuses que la pensée "animale" immédiate, d'apprendre des choses complexes, d'imaginer des objets et des évènements qui n'existent pas encore (prospective), ...?
Ce prix à payer, c'est celui de devoir se conformer à un autre système de contraintes et de règles, celles du langage lui-même ! La grammaire, vous connaissez ? Elle suit des règles culturellement construites, et pas celles de la nature ni de l'expérience sensorielle concrète que vous en avez.
Je me libère, et voilà que mon libérateur m'impose du même coup son propre système de règles...
Recadrer les contraintes du langage en outil de changement
Reste que ces règles sont faciles à apprendre (sauf dans les écoles où tout semble être fait pour rendre cet apprentissage lourd et ennuyeux ! :-). Et, une fois apprises, la porte est grande ouverte à la "Pragmatique du langage" (une composante de la linguistique, comme la Sémantique par exemple). Et le jeu de cette Pragmatique, c'est d'utiliser les caractéristiques du langage pour créer, orienter et structurer la pensée selon des objectifs à atteindre. Sortir d'un conflit, par exemple, ou imaginer une solution nouvelle, ou encore prendre une décision.

C'est tout l'art des Patterns d'Influence 1 d'utiliser ces principes de façon très concrète, en utilisant comme outils de grande précision le langage de tous les jours, de façon transparente.