1 bis. Vers quoi vont les choses
Les choses qui se valident elles-mêmes
le + naturellement du mondePrenons un autre exemple d'événement : le type de relation qu'engage une personne avec son entourage (professionnel par exemple). Cette situation vous rappelle quelque chose ? :-)

Ici, chaque événement JUSTIFIE le suivant.
• Par exemple, si je pensais que les gens autour de moi ne m'aiment pas, je pourrais légitimement me sentir de mauvaise humeur.
• Ou encore, si je faisais la tête en leur présence, il serait légitime de leur part de ne pas être très avenants avec moi non plus.
Ce faisant, de proche en proche, chaque événement finit par être justifié. Et la boucle est bouclée.
IL N'Y A PLUS BESOIN D'UNE "CAUSE" première et extérieure à cette boucle, LES ÉVÉNEMENTS SE JUSTIFIENT ENTRE EUX. Il y a quelque chose d'autonome dans cette justification. En systémique, on appelle ça de l'AUTOVALIDATION :
A partir du moment où la boucle s'est refermée, chaque chose finit pas se justifier elle-même :
• Si par exemple, dans ce schéma, je suis de mauvaise humeur, je finis de toute façon par OBTENIR concrètement une justification LÉGITIME à cette mauvaise humeur.
Ce point est très important à comprendre.
Dans notre exemple ici, cette mécanique implacable pose problème. Mais nous verrons que nous retrouvons l'autovalidation dans toutes les manières habituelles de fonctionner de tous les systèmes humains (et les systèmes vivants en général).
Petite parenthèse : notre besoin irrépressible de valider tout ce que nous faisons
Quand les boucles n'existent pas encore, nous les créons nous-mêmes...| En savoir + sur ce point |
En attendant, revenons à la boucle ci-dessus.
Cette boucle constitue une "mécanique" très efficace. Disons qu'elle produit très efficacement ce qu'elle produit.
Que ce produit soit agréable ou non est une autre histoire !
Généralement, je suis pris DANS la boucle. Partie prenante, je tourne avec le manège. Je vois donc essentiellement ce qui est juste devant moi et guère autre chose. Une grande partie du manège échappe à ma perception (mais si, souvenez-vous lorsque vous alliez à la fête foraine :-).
Beaucoup appellent cela "avoir le nez dans le guidon". Cela vous arrive-t-il ? Alors soyez attentif(ve) : il y a une ou plusieurs boucles derrière tout ça.
Imaginons maintenant que j'ai pu prendre du recul. Comment ?
• Par exemple en utilisant la technique de Dissociation Simple en PNL
• Ou grâce à une personne qui, volontairement ou pas, a pointé l'existence de cette boucle.
Je peux alors (m') ABSTRAIRE (de) la LOGIQUE née de cette boucle.
Ici, nous avons une logique que nous pourrions par exemple désigner du petit nom de "Logique de mauvaise humeur contagieuse". Ou encore, "Logique pour finir tout seul". Inutile de m'accuser des pires tares : j'étais pris dans une logique que je ne percevais pas en tant que telle ; en quelque sorte, je jouais un jeu sans le savoir (un jeu pas très gratifiant !).
Or, comme les schémas l'illustrent très bien, ces logiques fonctionnent très bien toutes seules ; elles ne demandent que peu d'entretien et d'effort, voire pas d'effort du tout. On aimerait que des systèmes non vivants, comme les voitures par exemple, soient des mécaniques aussi bien huilées...
La logique et la marge de manœuvre

La boucle que j'ai fini par mettre à jour produisait des résultats dont je me serais passé bien volontiers.
Mais si je généralise encore un peu sa logique, j'ai un schéma qui devient beaucoup plus neutre.
Imaginons maintenant que j'aie une marge de manœuvre sur l'un des éléments pris dans cette boucle :
• Par exemple, j'ai le pouvoir d'agir sur mon humeur (après tout, c'est mon cerveau qui en décide) ; mon développement personnel pourrait-il me servir à quelque chose dans ce sens ? Dans cette perspective, je ne demanderai plus à mon coach ou à mon formateur de m'apprendre à résoudre un problème particulier, mais plutôt à repérer les boucles et à savoir agir sur leurs éléments constitutifs. Ce sera une compétence beaucoup plus polyvalente et donc un bien meilleur retour sur investissement !
• Je n'ai aucun pouvoir sur ce que les autres me communiquent (c'est pourtant paradoxalement par là que les gens veulent résoudre leurs problèmes : en commençant par ce sur quoi ils n'ont aucun pouvoir ! Allez comprendre la nature humaine... :-). Par contre, j'ai un rôle dans ce que je communique. Je pourrais même imaginer que je communique des choses intéressantes pour mon entourage, même si je pense qu'ils ne m'aiment pas (à tort ou à raison, la question est ailleurs), et même si je suis de mauvaise humeur. Ici, c'est le côté relationnel de mon développement personnel qui va m'offrir une marge de manœuvre.
• Je pourrais aussi me faire une perception des autres différente : par exemple, me défocaliser de ce qu'ils pensent de moi et me centrer de temps en temps plutôt sur leurs besoins à eux. Ce ne sera pas une solution à tout, mais pendant ce temps-là, mon cerveau fera autre chose que de déclencher cette fichue Cause-à-Effet qui entretenait ma mauvaise humeur !
Les boucles sont recyclables
Dans l'idéal, je peux maintenant imaginer, avec cette boucle "générique", d'utiliser la même mécanique, mais pour produire cette fois des choses agréables :• J'améliore mon humeur
• Ce que je communique est plus avenant
• Mes interlocuteurs se décrispent !
• Et donc tout à coup j'entrevois chez eux des facettes que je ne leur soupçonnais même pas à mon égard ! (leur capacité à me sourire, à me parler, à me damander comme je vais, à déjeuner avec moi, à m'apporter un café, ... Que des choses simples qui pourraient bien changer les règles du jeu.)
Mais ne nous emballons pas. Nous reviendrons sur la transformation des logiques bouclées au chapitre B.
En tout cas, vous pouvez d'ores et déjà retenir que les boucles sont des "mécaniques", certainement pas des fatalités. Elles sont des processus naturels. Et on peut les recycler pour en faire des leviers de changement !
| Un autre exemple de boucle |
Nous allons maintenant augmenter le degré de complexité des situations. Ou plutôt, de notre perception.
Lorsque vous aurez bouclé le présent exercice, vous serez prêt(e) pour passer à cette suite.
Mais prenez votre temps ! Les exercices vous demandent autant d'attention que ceux que vous faites en groupe de formation en salle. Ces exercices permettent de créer bien d'autres connexions que celles d'une simple lecture. Ils sont là pour vous voir vous approprier vraiment les choses (et recevoir du feed-back en cas de besoin). Quelle que soit leur forme.
Bien sûr, quelqu'un pourrait lire d'une traite tout le cours. N'importe qui peut le faire. Le monde grouille d'intellectuels juchés au sommet de leur tour d'ivoire.
Mais son cerveau serait-il CONCRÈTEMENT plus compétent ? Serait-il devenu un cerveau de systémicien ? Non.
Tandis que le vôtre, oui :-)
| Vers la suite... |
